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Meilleurs voeux 2017 aux Francilien-ne-s !

Jan 5, 2017 | Dossiers

Les élu.e.s Front de gauche du Conseil régional d’Île-de-France

vous présentent leurs meilleurs voeux pour l’année 2017 !

Discours de Céline MALAISÉ, présidente, à la cérémonie des Vœux
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Chèr-e-s camarades,

Merci à vous toutes et tous d’avoir répondu à notre invitation et bienvenue à la cérémonie des vœux du groupe Front de gauche d’Ile-de-France, la deuxième de notre mandat.
Certains se sont excusés de ne pas être là ce soir, car malgré la fin du mois imminente, les cérémonies de vœux continuent de rassembler de nombreux élu.e.s. Je pense à Pierre Laurent, Christian Favier, Laurence Cohen et Michel Billout qui sont tous réunis aux vœux des sénateurs PCF mais aussi à Philippe RIO.

Avec l’ensemble des conseiller-e-s régionaux ici présents : Clémentine Autain, Lamine Camara, Eric Coquerel, Taylan Coskun, Sylvie Fuchs, Vanessa Ghiati, Fabien Guillaud-Bataille, Michel Jallamion, Didier Mignot et Jean-Michel Ruiz, tous ensemble donc, nous vous présentons tous nos vœux de bonheur, de santé et de bien être social pour 2017. Ceci en toute lucidité, car si nous savons tous que cette année qui débute sera déterminante pour notre camp, nous sommes également conscients que ce que nous ferons aura un impact sur ce qu’il adviendra de cette année.
Car le défi est d’envergure. Outre-Atlantique, il nous apparaît en pleine lumière. Depuis dix jours, Donald Trump a pris le contrôle de l’appareil d’Etat américain avec comme objectif de le synchroniser, de l’aligner sur son idéologie. Ce n’est pas un changement d’administration usuel qui a lieu mais bien autre chose. Rapidement, très rapidement, Trump impose dans tous les secteurs de l’économie, aux entreprises commerciales comme dans les medias, la culture, l’éducation la conformité politique, sa conformité politique, sa vision du monde et de la « réalité alternative ». Les communications des fonctionnaires ont été limitées et contrôlées, l’entrée sur le territoire américain de citoyens et réfugiés de sept pays à majorité musulmane interdite, des éléments sur le réchauffement climatique retiré du site de l’agence fédérale de l’environnement ; les financements à des scientifiques et instituts de recherche suspendus jusqu’à évaluation ; le financement supprimé à des ONG étrangères soutenant l’avortement… La rapidité de ce processus peut amener les Etats-Unis à passer d’une société ouverte à une société fermée c’est-à-dire une société où le peuple est manipulé pour les seuls intérêts de ses dirigeants. Certes les contre-pouvoirs inhérents à la démocratie américaine : la justice, le Congrès, la presse… et les résistances notamment dans le peuple américain existent mais la situation est plus qu’alarmante.
C’est à cette question d’une révolution néo-conservatrice, réactionnaire, et d’une confiscation du pouvoir politique par une clique, à laquelle nous sommes aussi confrontés en France. Les choses sont claires : Marine Le Pen et son parti affichent ostensiblement leur soutien à Trump et sa politique, expliquant même qu’une ordonnance comparable au décret muslim ban est envisagée… Un pan important de la droite des Républicains partage aussi l’idéologie de Trump et ne rêve que d’une chose : l’appliquer pour tout ou partie à la tête de l’Etat en 2017. Le plus puissant mouvement social de ces cinq dernières années, celui qui a travaillé la société en profondeur, s’est déroulé sur un terrain qui nous est étranger : contre une revendication d’égalité contre le droit au mariage pour tous. Ce mai 68 conservateur que furent les mobilisations de La Manif pour tous a trouvé sa traduction politique dans Sens commun, qui en incarnant une nouvelle génération politique, distille son rêve de retour à un certain ordre moral dans toute la droite et accélère ainsi la porosité avec l’extrême droite. Ces mutations dans le bloc droitier autour de valeurs perçues comme refuges face aux bouleversements de la mondialisation, nous sommes, ici à la Région, aux premières loges pour en percevoir les grands mouvements.
Au delà du défi, ainsi rappelé, qui est posé au camp du progrès social dans toutes ses composantes politiques, syndicales et associatives, vous avez toutes et tous en tête les grands éléments de la situation politique actuelle. Un paysage politique mouvant, incertain, marqué par nombre de rebondissements qui ponctuent le chemin vers les échéances de 2017. A gauche, la politique menée durant 5 ans par François Hollande et Manuel Valls a été sanctionnée et ce, de manière inédite, avant même le premier tour de la présidentielle. La tétanie du peuple de gauche suite à 2012, due au désarroi nourri par la distorsion accrue entre les promesses et les actes du gouvernement, a laissé progressivement place à une opposition, au nom de l’égalité, à la proposition honteuse de déchéance de nationalité puis à la mobilisation sociale contre la loi mal nommée travail, qui a remis au cœur la question sociale et non plus la question identitaire. Ces deux moments clés ont et auront pour sûr des effets différés cette année.
Vous l’avez compris, je préside un groupe politique Front de gauche dans lequel sont représentés l’ensemble de ses composantes, je pense même que nous sommes uniques en notre genre sur le territoire national. Pour cette année électorale, chaque formation politique fait ses choix : la grande majorité des élu-e-s du groupe participe à la campagne pour Jean-Luc Mélenchon ; d’autres agissent pour un rassemblement à gauche voire font les deux ensemble avec comme point commun de saisir chaque opportunité pour faire mentir le scénario établi menant à un duel extrême-droite/ droite et pour ouvrir une voie d’espoir pour la gauche, le peuple et notre pays.

A la Région Ile-de-France, nous sommes aux avant-postes pour nous opposer à la politique réactionnaire et anti-sociale de la droite mais aussi à la surenchère de l’extrême-droite. Depuis un an, Valérie Pécresse a fait de notre Région un laboratoire des politiques que François Fillon mettrait en place à la tête de l’Etat, s’il accédait à l’Elysée en mai prochain.
Depuis un an, notre Région subit donc les coups de boutoir de la droite. Et les cibles sont toutes très symboliques. Les dispositifs de solidarité d’abord. Je pense à la suppression de la tarification sociale des transports pour les bénéficiaires de l’AME ; à la liquidation de l’aide régionale pour l’hébergement d’urgence ; ou encore à la fin des bonifications des aides régionales aux territoires les plus défavorisés.
Les politiques sociales sont sapées. En Ile-de-France, alors que la crise du logement est criante, c’est le logement social qui est cassé. Valérie Pécresse a ainsi supprimé dès l’an dernier les aides régionales aux communes qui en construisent et respectent la loi SRU. La semaine dernière, au budget, ce sont 40 millions d’euros qui ont été purement et simplement retirés. A quoi il faut ajouter la suppression de la réhabilitation du parc de logements sociaux, ou encore le soutien à la lutte contre le saturnisme. Autant de financements qui concernaient les Francilien-ne-s les plus précaires et les plus modestes. Preuve est faite, s’il le fallait, que lorsque la droite s’attaque aux droits de certains, ce sont les droits du plus grand nombre qu’elle entend détruire.
Cela se voit aussi avec l’augmentation de 3€ du Pass Navigo unique, augmentation qui ne sera que la première d’une série tant Pécresse prépare les esprits à un Navigo à 85€. Elle s’était pourtant engagée à ne pas l’augmenter mais que nenni !
Bien sûr, et ça ne vous surprendra pas, les politiques d’égalité sont aussi sabordées. Accompagnant les élus de la Manif pour tous de sa majorité, Pécresse a raboté toutes les politiques pour l’égalité femmes hommes et contre l’homophobie : réduction des moyens malgré la mobilisation du Centre Hubertine Auclert, études de genre supprimées, Marche des Fiertés, laisser-faire des élus de sa majorité qui ont tenté de censurer la campagne anti-VIH…
Pour l’environnement, passé le vernis de la communication, les premières décisions et les choix budgétaires sont préoccupants. Concernant la politique énergie-climat, c’est notamment l’aide à la réhabilitation thermique des logements qui disparaît. Mais aussi celle des lycées. C’est la lutte contre la précarité énergétique qui se retrouve sous-financée, tout comme le développement des énergies renouvelables, alors même qu’il faudrait mettre les bouchées doubles en ce domaine.
Concernant la qualité de l’air, nous n’avons eu de cesse de dire que la pollution permanente est un problème de santé publique pour tous les Francilien-ne-s. La droite régionale a pourtant fait le choix de favoriser les transports routiers et le trafic de poids lourds, en se désengageant de la politique de fret ferroviaire. Ceci alors que, dans le même temps, le financement pour le vélo stagne désespérément. La gestion des pics de pollution est à l’image de cette non prise de conscience et du désengagement financier : fini la gratuité des transports en commun en cas de pics et ce sans avoir réellement mené la bataille avec l’Etat pour son financement. Une vision rétrograde et à contre sens de l’histoire, car la question de ce siècle est bien la question environnementale et climatique.
En matière d’agriculture, ce sont aussi les choix anti-écologiques qui priment, avec un démantèlement du soutien régional à l’agriculture biologique et de proximité, et une réorientation des aides vers les chambres d’agriculture gérées par la FNSEA, qui refuse toujours énergiquement toute transition de l’agriculture vers des méthodes réellement écologiques et durables.
Enfin, les biens communs que sont les dépenses publiques et la fonction publique régionales représentent la cible n°1 de Pécresse. Le dogme inébranlable de la droite, celui de l’austérité, a guidé sa main pour supprimer 283 millions d’euros dans les dépenses régionales et supprimer, d’ici fin 2017, 100 postes au siège de la Région. Plan social, désorganisation des services, openspace… détruisent la qualité de l’emploi public mais aussi celle du service rendu aux Franciliens.
Et n’oublions pas, les plans sociaux, Pécresse ne les organise pas seulement à la Région : elle les sous-traite. Dans les organismes associés (comme l’Atelier, l’AEV, l’Ariam…), mais aussi dans les associations franciliennes. Ces dernières semaines, des dizaines de structures ont d’ailleurs appris, parfois par voie de presse, qu’elles perdraient tout ou partie de leur subvention et devraient donc réduire leur champ d’intervention, licencier ou bien fermer boutique.
Pécresse amplifie donc l’austérité imposée nationalement par le gouvernement. La bataille budgétaire de la semaine dernière fut l’occasion de découvrir qu’au budget 2016, ce sont plus de 500 millions d’euros qui n’ont pas été consommés ou mobilisés! Il semble bien qu’une cagnotte soit constituée au lieu d’investir massivement au service des Franciliens et de l’emploi.
L’intérêt général est donc sacrifié au profit de certaines clientèles, d’intérêts particuliers et particulièrement de ceux qui possèdent. En constituant un Conseil stratégique pour l’attractivité composé de représentants de grands groupes et d’entreprises du CAC 40, ce sont bien les grands patrons qui murmurent dans l’oreille de Valérie Pécresse.
La traduction de cela, c’est une politique du développement économique totalement réorientée dans une optique libérale, où les aides régionales se voient à présent ouvertes aux grandes entreprises, sans contrôles ni contreparties. C’est une politique où les secteurs de l’armement et de la publicité, jusqu’alors exclus, se voient désormais éligibles à ces aides, et où, sous couvert d’aide aux PME-PMI, la dépendance de ces dernières vis-à-vis des grands groupes se trouve désormais favorisée. C’est une politique aussi où l’économie sociale et solidaire se voit sous financée, réorientée et vidée de son sens, là encore dans l’intérêt des grandes entreprises, avec la suppression d’outils indispensables comme l’Atelier, qui vient d’être liquidé arbitrairement. C’est une politique encore où seront délibérément favorisés les grands pôles d’activité régionaux, au détriment des territoires les moins développés. Est donc toujours affirmé le choix des inégalités sociales et territoriales.

Dès notre élection, notre groupe s’était engagé à combattre pied à pied cette politique mais aussi à construire une alternative sociale et écologique pour l’Île-de-France. Si l’année régionale fut rythmée par de nombreuses régressions, elle a aussi vu naître des résistances et des mobilisations.
Pas un seul Conseil régional ne s’est déroulé sans une mobilisation : nous avons été, à chaque mois de l’année écoulée, sur les bancs de l’hémicycle, devant les portes du Conseil régional et sur les territoires pour défendre les revendications des maires bâtisseurs d’Île-de-France, les salariés d’Alstom, de Goodyear, d’Airbus, les agents du siège de la Région et les contractuels des lycées, les acteurs de l’agriculture biologique, les personnels de santé, le parrainage de lycéens sans-papiers et sans oublier les batailles pour le transport devant le siège du STIF ou encore le soutien à Haiti et aux Kurdes… La multitude d’acteurs de tous ces secteurs présents ce soir montre que nous avons travaillé avec vous, et que nous portons notre mandat nourris de vos réflexions et revendications.
Nous avons aussi voulu donner à entendre les forces vives de nos territoires ; vous qui êtes celles et ceux qui font l’Île-de-France au quotidien ; celles et ceux qui veulent une Région égalitaire, sociale, solidaire et ouverte.
Nous ambitionnons de vous offrir des victoires. Amendement après amendement, nous portons vos préoccupations et le mandat qui nous a été donné. Même s’il faut être conscient du rapport de force défavorable, certains combats concrets ont été gagnés.
Sur les finances régionales, si nous avons dénoncé les impasses austéritaires de la droite, nous avons aussi fait des propositions fortes en faveur de recettes nouvelles pour financer les investissements nécessaires aux Franciliens, notamment dans les transports. Lors des débats budgétaires 2016 mais aussi 2017, notre amendement appelant à réclamer à l’Etat l’argent dû à notre collectivité a d’ailleurs été adopté par les forces démocratiques !
Pour la zone unique, conquête majeure des communistes et du Front de gauche, nous avons lancé une pétition s’opposant à l’augmentation du tarif. Pour les transports, nous portons la nécessité de nouvelles recettes (versement transport, baisse de la TVA Transports à 5,5%…), ainsi que le rééquilibrage Est-Ouest en termes d’emplois et de logements sur notre territoire.
Le logement est et sera un sujet majeur, et particulièrement le logement social. Les attaques contre les maires bâtisseurs créent des incertitudes de financement et une inquiétude pour Paris et la petite couronne, zone la plus dense de laquelle se désengagerait la Région. Pour les 600 000 Franciliens dans l’attente d’un logement social, pour les 89% de ménages Franciliens éligibles, pour le million de mal-logés, nous serons pleinement mobilisés. Nous lancerons prochainement une alerte sur les conséquences dramatiques des choix politiques de Pécresse.
Nous poursuivrons nos batailles pour soutenir les acteurs de l’agriculture biologique, paysanne et citoyenne, comme les organisations du pôle Abiosol, qui souhaitent faire autrement et mieux pour les consommateurs.
Enfin, et alors que le couperet financier est tombé cette année pour de nombreuses associations, nous avons déposé et défendu en octobre un rapport qui nous tenait, je dois le dire, particulièrement à cœur : un plan de sauvegarde des associations franciliennes, qui proposait la multiplication par 6 du fonds régional pour la vie associative, guichet unique pour les associations, des constructions de maisons de la vie associative… Sans surprise, ces propositions ont été rejetées par la droite et le FN. Mais ce plan est toujours d’actualité, car il répond aux besoins des associations qui maillent nos quartiers, notre quotidien. Sans elles, le lien social est difficile à construire, de nombreux emplois disparaissent. Sans elles, des missions qui rélèvent du service public ne seront plus menées là où les services publics ont déjà disparu.
Nous vous avions invité ce soir en convoquant Bertold Brecht : « Lorsqu’un homme assiste sans broncher à une injustice, les étoiles déraillent ». Cela résume justement la manière dont les élu-e-s de notre groupe exercent leur mandat régional.
Je voudrais terminer en remerciant l’équipe qui travaille pour le groupe. Karine Brishoual, directrice de cabinet, qui règle, tel un métronome, le fonctionnement quotidien de l’équipe et des élu-es, suit la question des lycées, de la culture, des associations, de l’action sociale, les finances… ;
David Rotman, collaborateur au groupe, qui, outre être notre mémoire régionale, est celui qui suit les transports, le développement économique, le logement, l’environnement, la formation professionnelle, l’action internationale, la Recherche… ;
Tous les deux, ils abattent un travail conséquent. 100 amendements pour le budget 2017 soit 1/3 des amendements total, ça pose une équipe !
Il y a aussi Antoine Guerreiro qui s’occupe patiemment de la communication du groupe et des relations avec la presse.
Myriam Dien est l’assistante du groupe et elle allie efficacité, disponibilité et discrétion. Et enfin Nicolas Lemoine qui est en stage durant 6 mois.
Je vous propose maintenant que nous poursuivions cet échange autour du verre de l’amitié.

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