Comme nous l’annoncions début octobre et en contradiction avec les démentis d’Ile-de-France Mobilités d’alors, une nouvelle hausse des tarifs dans les transports franciliens sera votée le 10 décembre. Il s’agira de la septième hausse votée depuis l’élection de Valérie Pécresse à la tête de la Région et d’Ile-de-France Mobilités.
En cohérence avec l’accord signé par Valérie Pécresse et Clément Beaune, les tarifs augmenteront pour tous les usagers de +2,3% en 2026, après une hausse de +2,6% en 2024 et +2,8% en 2025.
Il s’agit d’une hausse supplémentaire dans une série qui doit conduire, selon les termes de l’accord, le pass Navigo annuel de 75,20 euros par mois en 2021 à 93,40 euros en 2028 dans l’hypothèse optimiste et à 95,40 euros en 2028 dans le scénario le plus pénalisant.
Ces hausses concerneront, dès le 1er janvier 2026, tous les titres de transports à l’exception du forfait Imagine R dont la hausse est prévue au 1er septembre 2026. Le coût mensuel du pass Navigo passera de 88,80 € à 90,80 € comme nous l’annoncions le mois dernier. Sous la présidence de Valérie Pécresse, le forfait Navigo mensuel sera passé de 70 € à 90,80 € (soit 20,80 € de hausse par mois) et le forfait Navigo annuel a bondi de 770 € à 998,80 € comme nous l’annoncions (soit près de 228,80 € de hausse par an).
Cette augmentation concernera également le forfait Imagine R qui a connu, le 1er septembre 2026, une hausse de 9 € après celle de 9,90 € appliquée depuis le 1er septembre 2025. Cette énième hausse du forfait dédié à la jeunesse sera appliquée à partir du 1er septembre 2026 faisant franchir au forfait Imagine R la barre symbolique de 400 €. En effet, le forfait Imagine R mensuel passera de 392,30 € actuellement à 393,30 € plus 8 euros de frais de dossier soit 401,30 € pour l’année scolaire 2026-2027. Sous la présidence de Valérie Pécresse, le forfait Imagine R annuel est passé de 333,90 € à plus de 400 €.
L’augmentation historique des tarifs de 2025 et celle à venir en 2026 s’inscrivent dans un contexte de forte dégradation de l’offre de transport et d’un retour récent à l’offre de transport égale ou supérieur au niveau de 2019 sur une majorité de lignes.
Ces augmentations considérables, dans des proportions inédites depuis la création de la tarification unifiée en 1975, pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat. Elles sont le fruit du manque de volontarisme dans la quête de nouvelles recettes pour Ile-de-France Mobilités et de choix de gestion néfastes pour les finances publiques, dont la privatisation du réseau.
Ces hausses tarifaires permettront de faire face aux coûts considérables engagés dans la mise en concurrence du réseau de bus de grande couronne, très coûteuse, et la privatisation du réseau de bus qui grève le budget 2026 d’Ile-de-France. Des dépenses bien loin des attentes des Franciliens qui subissent la dégradation du réseau… et les hausses tarifaires répétées.
Ces hausses étaient pourtant évitables. Des solutions restent sur sa table pour épargner les usagers bien que le Gouvernement et la Présidente de Région aient préféré ponctionner les usagers massivement et réduire simultanément la part du financement des entreprises dans les recettes d’Ile-de-France Mobilités. L’arrêt de la privatisation des transports doit également être mis sur la table : Ile-de-France Mobilités n’a plus les moyens de payer ce caprice idéologique néfaste pour le service public.
De plus, l’accord dit « Beaune-Pécresse » ne règle en rien les difficultés de financement d’Ile-de-France Mobilités avec des dépenses de fonctionnement nouvelles non-couvertes par cet accord dès 2027. L’accumulation de mauvais choix aboutit à cette situation qui ne reste ni juste pour les usagers, ni supportable.
Céline Malaisé
Présidente du groupe Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne