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Le 14 janvier 2026, Valérie Pécresse annonçait – sans aucune information des élus, ni délibération préalable – le lancement d’un service régional d’autopartage. Après l’adoption d’une feuille de roule le 13 février par le Conseil d’Administration d’Ile-de-France Mobilités, le voile se lève sur ce projet. En effet, l’appel d’offres pour une délégation de service public pour l’exploitation du service d’autopartage régional vient d’être publié. Si les pièces du marché restent confidentielles, les premières informations disponibles interrogent.

Nous y apprenons que le service devrait être lancé fin 2027 avec, dans un premier temps, 500 véhicules. L’objectif de 5 000 véhicules à terme, évoqué dans la communication d’Ile-de-France Mobilités, ne figure pas dans l’appel d’offres.

Pour la première fois, un coût est avancé : 600 millions d’euros est la valeur estimée du marché. Ce montant couvre la durée ferme de la délégation de service public qui sera de 6 ans, avec une prolongation possible de 2 ans maximum. Ce nouveau service aurait donc un coût, pour Ile-de-France Mobilités, de 75 millions d’euros par an soit l’équivalent des recettes tarifaires générées par une hausse globale des tarifs de +2,5% chaque année… sur toute la durée du contrat. Ile-de-France Mobilités a-t-elle les moyens d’une telle aventure ?

Ces éléments questionnent au regard de la santé financière d’Ile-de-France Mobilités qui, selon sa Présidente, nécessite des hausses des tarifs pour les usagers et des contributions des collectivités jusqu’en 2031 pour assurer le financement de son fonctionnement.

Les contours du nouveau service méritent d’être précisés et notamment les recettes tarifaires attendues pour limiter le poids de l’autopartage sur les finances d’Ile-de-France Mobilités et, par conséquent, sur les tarifs de tous les usagers des transports en commun. La volonté de voir le service d’autopartage passer de 500 à son lancement à 5 000 véhicules à terme plaide pour une trajectoire financière lisible et partagée.

Aussi, à la lumière de l’expérience malheureuse d’Autolib’, il serait inconcevable que l’échec d’un nouveau service d’autopartage vienne grever les finances d’Ile-de-France Mobilités, de la Région et des collectivités qui sont appelées à rejoindre cette expérience. Le marché de l’autopartage est particulièrement fragile avec le retrait, mi-2025, d’Ubeeqo qui avait repris en gestion la majorité des places libérées par Autolib’. Pour toutes ces raisons, nous demandons à Valérie Pécresse, Présidente d’Ile-de-France Mobilités, de communiquer en urgence les éléments financiers relatifs à ce nouveau service qui ne peut pas être se transformer en sortie de route budgétaire. Pour notre part, l’argent public ne doit pas alimenter une aventure qui pourrait, de surcroît, concurrencer les transports en commun et coûter cher aux usagers.

Céline MALAISÉ

Présidente de La Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne

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