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Dans la baie de Cancale, au château de Barbe-Brûlée, chaque année sont accueillis 1 800 enfants venant d’Île-de-France ou de Bretagne. Ces élèves d’écoles élémentaires passent une semaine en classe de mer. Les inscriptions sont déjà complètes pour l’année prochaine … et pourtant ce centre de classe de mer est menacé de fermeture à la fin de l’année scolaire !

Un centre de classe de mer unique

En septembre 2025, une délibération de la région Île-de-France est votée. Elle indique « compte tenu de l’évolution des besoins, la Région propose de désaffecter cet ensemble de bien immobilier pour la rentrée septembre 2026 » soit la désaffectation de l’école régionale du premier degré (ERDP) Hériot situé à La Boissière-Ecole dans les Yvelines et de son annexe située à Cancale. La demande a été transmise au Préfet de région. Ces deux propriétés appartiennent à l’État depuis 1966 qui les a reçues en legs de la famille Hériot. Avec les lois de décentralisation, elles sont devenues propriétés de la région Ile-de-France. Le château de La Boissière-Ecole a accueilli jusqu’en juin 2022 les enfants de militaires en opération et, depuis, il est fermé. Quant au château de la Barbe Brûlée, il accueille depuis 50 ans des enfants en classe de mer. Il est le dernier centre directement rattaché à l’Éducation nationale avec deux professeurs des écoles qui y sont affectés. Six agents régionaux franciliens y sont également rattachés et s’occupent de la maintenance, de la restauration des enfants et de l’entretien au quotidien.

Une fermeture évitée en 2023 …

Si rien n’est fait, ce centre de classe de mer, tellement précieux, fermera ses portes en juillet 2026 car la région Île-de-France juge son « modèle économique pas viable« …

En 2023, le centre de Cancale avait déjà échappé de peu à une fermeture. Valérie Pécresse regrettait alors d’avoir été « mise devant le fait accompli après une décision unilatérale de l’État« . Ce dernier avait essayé de supprimer les deux postes d’enseignants affectés sur ce centre et avait renoncé face la mobilisation. Valérie Pécresse ajoutait alors que, depuis 2006, 1,7 million d’euros de travaux de maintenance avaient été faits et que la région Île-de-France assurait 250 000€ de dépenses annuelles pour les six agents régionaux et pour le fonctionnement régulier. La région Île-de-France affirmait « poursuivre l’engagement qui a toujours été le sien sur ce site. Ceci permettra à près de 700 jeunes Franciliens de pouvoir continuer à partir en vacances. » L’engagement régional était clair – à ceci près que les classes de mer ne sont pas des vacances.

En 2024, ce sont 520 000€ qui ont été votés pour financer le remplacement des portes et des fenêtres, rénover les balcons et mettre en sécurité le parc par l’élagage et l’abattage d’arbres après une tempête. L’engagement régional semblait toujours tenu et un coup de jeunesse redonné aux lieux.

… puis un sacrifice pour de maigres économies

Mais en 2025, Valérie Pécresse sort la « hache » et coupe 760 millions d’euros dans le budget régional. Beaucoup d’actions régionales indispensables en ont fait les frais. Les MDPH franciliennes se sont vues privées de 2 millions d’euros via leurs fonds de compensation… Le centre de classe de mer de Cancale a du être jugé aussi comme une « dépense inutile » et le processus de désaffectation a été lancé de manière unilatérale par l’exécutif régional. Les 250 000 euros de dépenses de fonctionnement sont pourtant une goutte d’eau dans le budget régional d’un total de plus de 5 milliards d’euros. Quant à l’utilité sociale de ce centre de classe de mer, elle est indéniable pour près de 2 000 enfants, souvent défavorisés, qui n’ont jamais vu et connu la mer auparavant.

Une solution peut être trouvée 

A Cancale, la mobilisation depuis la fin de l’année 2025 est importante. La presse régionale et nationale se fait l’écho d’un refus catégorique des élus locaux et des acteurs divers de ce centre. Alors que notre environnement est percuté par le dérèglement climatique, le credo de Jacques Kerhoas – résistant, communiste, instituteur et inventeur des classes de mer – « que la mer soit ou non son destin, l’enfant ne peut ignorer ce qui fait l’essentiel de sa planète » est plus que jamais d’actualité. L’urgence est donc de trouver une solution institutionnelle pour conserver ce centre de classe de mer. Confrontée aux conséquences de cette décision honteuse, un renoncement de la région Île-de-France est encore possible toutefois une solution alternative doit être envisagée. Le Préfet de la Région Île-de-France doit suspendre la désaffectation. Et si la région Île-de-France ne veut plus financer le fonctionnement d’un tel centre, d’autres collectivités – possiblement dans le cadre d’une association – peuvent suppléer ce désengagement social et éducatif. Il est encore temps d’agir !

Céline Malaisé

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