Le 13 janvier dernier, à l’occasion des vœux de notre groupe, nous rendions public le projet LIVA, Lien Interactif avec Votre Agent.
Ce projet consistait à supprimer la présence humaine permanente en gare au profit d’un QR code permettant aux usagers de joindre un agent en visioconférence, agent situé physiquement à Saint-Michel – Notre Dame. 6 gares du RER B devaient être concernées dès le 22 février 2026 : Parc de Sceaux, Sceaux, Le Guichet, Bures-sur-Yvette, Lozère et Courcelle-sur-Yvette (située à 30 kilomètres de Saint-Michel – Notre Dame par le rail). En cas d’expérimentation jugée concluante par la RATP et Ile-de-France Mobilités, ce projet devait gagner plusieurs gares supplémentaires.
À la suite de l’alarme sociale interne lancée par la CGT RATP et à l’alerte publique lancée par notre groupe, cette expérimentation a été reportée plusieurs fois. Nous apprenons cette semaine l’abandon pure et simple de cette expérimentation !
La RATP a effet fait le choix, concerté avec Ile-de-France Mobilités, de maintenir au moins un agent dans chaque gare du RER B, du premier au dernier train. Notre groupe se félicite de l’abandon de suppression des agents en gare qui aurait marqué une nouvelle étape de la déshumanisation des gares franciliennes.
La déshumanisation des gares franciliennes est pourtant une réalité. Depuis 2021, la présence humaine en gare recule fortement. Le réseau Transilien a été particulièrement touché avec la fermeture d’au moins 75 guichets et des réductions d’amplitude des horaires d’environ 130 guichets. Les gares RER ne sont pas épargnées, en bout de ligne comme en cœur d’agglomération.
Le recul de la présence humaine en gare nuit à la sécurité et à la sûreté des biens et des personnes. Elle dégrade davantage la gestion des situations perturbées et laisse sans assistance de nombreux usagers en situation de fragilité ou en difficulté avec la langue ou l’informatique.
La réduction de la présence humaine est absurde et anachronique alors que les Francilien·nes considèrent la présence humaine comme l’outil le plus efficace contre l’insécurité et le sentiment d’insécurité. Cela va à l’encontre de la nécessaire lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans les transports.
Les contraintes financières imposées par Ile-de-France Mobilités aux exploitants de transport expliquent ces reculs. Ile-de-France Mobilités doit rompre avec les économies qui réduisent la présence humaine permanente en gare et donner les moyens de redéployer des agents en gare, du premier au dernier train, sur les réseaux RATP (métro, RER) et Transilien.
Céline MALAISÉ
Présidente de La Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne