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Les données officielles pour l’année 2025 concernant les demandes de logement social en Ile-de-France viennent d’être publiées. Elles confirment que l’Ile-de-France s’enfonce dans une crise du logement sans précédent.

Ainsi, en 2025, le nombre de demandes de logement social en attente, officiellement enregistrées dans les préfectures franciliennes, a atteint 933 996. Cela représente une augmentation de 45 852 demandes sur un an (+5,16%). Le nombre de personnes en attente d’un logement social dépasse pour la première fois 2 millions à exactement 2 058 483, soit 96 313 personnes en plus en une seule année (+4,91%). Le franchissement de ce seuil est symbolique et historique.

L’Ile-de-France compte 192 187 demandes de plus qu’en 2020 (+25,91%), soit 386 146 personnes (+23,09%) en attente supplémentaires en seulement 5 années. Le délai médian d’attribution a également augmenté : de 23,9 mois en 2020, il atteint désormais 30,5 mois (+27,62%) avec de fortes disparités géographiques au sein de la région.

Ces terribles chiffres s’ajoutent à l’explosion du nombre d’enfants à la rue, des expulsions sans relogement, du prix des logements, des charges locatives, à la sclérose du marché privé… et à une chute de la production de logements.

Jusqu’en 2022, le nombre de logements neufs construit chaque année oscillait depuis 15 ans entre 330 000 et 430 000 à l’échelle du pays. En 2023 et 2024, le nombre de logements commencés a chuté et a atteint un minimum de 261 000 logements en 2024.  La construction de logements en Ile-de-France atteignait alors son plus bas niveau depuis 1993. 2025 semble marqué par une légère reprise, confirmée début 2026, sans toutefois atteindre pour l’instant le niveau de production de logements d’avant 2022.

A ce constat s’ajoutent des politiques publiques orientées contre les plus pauvres à l’image du durcissement des sanctions contre les occupants de locaux pourtant vacants avec l’honteuse loi Kasbarian, contre les locataires confrontés aux impayés de loyers même minimes, la baisse de l’allocation personnalisée du logement à hauteur de 4 milliards d’euros depuis 2017… et les récentes déclarations du Ministre du logement, Vincent Jeanbrun, par ailleurs conseiller régional d’Ile-de-France, qui souhaite remettre en cause l’encadrement des loyers.

Par ailleurs, l’Ile-de-France compte toujours 67 communes hors la loi, soit 17 de plus que le précédent bilan triennal ! En effet, 67 collectivités* ne respectent pas l’obligation de disposer de 25% de logements sociaux, plus de 25 ans après l’application de la loi SRU. Ce nombre devrait augmenter à l’occasion du bilan triennal 2023-2025 en cours de réalisation.

Par ses choix à la tête de la Région depuis 2015, la droite régionale a une part de responsabilité dans la situation dramatique que connaît le logement en Île-de-France.

Alors que 70% de la population est éligible à un logement social, niant la gravité de la situation et des millions de Francilien.nes mal-logés ou non-logés, la droite régionale a réduit de 64,5% les crédits de paiement dédiés au logement entre 2016 et 2026, passant de 164,16 millions d’euros en 2016 à 58,3 millions d’euros en 2026. Il est nécessaire de rappeler qu’en 2025, une « année blanche » budgétaire a été appliquée en refusant de financer tout nouveau projet de logements sociaux hors ANRU. Rappelons que la droite régionale applique toujours sa « clause anti-ghetto », visant à stigmatiser les communes qui construisent du logement social au-delà du seuil minimal légal dans un contexte de pénurie historique.

Face à cela, un plan d’urgence pour la construction de logements sociaux et très sociaux s’impose. Il doit reposer notamment sur des aides nationales à la pierre, le soutien aux bailleurs sociaux (notamment publics), le renfort des aides aux locataires mais aussi par la prise de sanctions, prévues par la loi, à l’encontre des Maires complices de cette situation qui constitue une véritable mise en danger de la vie d’autrui. Face à la gravité de la crise du logement et aux besoins considérables d’adaptation des logements existants au dérèglement climatique, des mesures dérogatoires doivent être favorisées pour réduire les délais de production des logements sans altérer leur qualité. La Région pour sa part peut et doit renouer avec un investissement volontariste et massif pour le logement social avec, dès 2027, un effort de 150 millions d’euros et conditionner les aides régionales au respect de la loi SRU.

 

Céline MALAISÉ

Présidente de La Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne

 

 

* Lésigny ; Vaux-le-Pénil ; Bois d’Arcy ; Carrières-sur-Seine ; Chatou ; Le Chesnay-Rocquencourt ; Chevreuse ; Essarts-le-Roi ; L’Etang-la-Ville ; Maisons-Laffitte ; Mareil-Marly ; Marly-le-Roi ; Mesnil-Saint-Denis ; Montesson ; Neauphle-le-Château ; Noisy-le-Roi ; Rambouillet ; Saint-Rémy-les-Chevreuse ; Versailles ; Viroflay ; Bièvres ;Brunoy ; Crosnes ; Etiolles ; Igny ; Montgeron ; Morigny-Champigny ; Nozay : Saclay ; Saintry-sur-Seine ; Soisy-sur-Seine ; La Varennes-Jarcy ; Verrières-le-Buisson ; Villebon-sur-Yvette ; Villejust ; Yerres ; Bois-Colombes ; Boulogne-Billancourt ; Levallois-Perret ; Montrouge ; Neuilly-sur-Seine ; Saint-Cloud ; Ville-d’Avray ; Coubron ; Pavillons-sous-Bois ; Le Raincy ; Marolles-en-Brie ; Nogent-sur-Marne ; Ormesson-sur-Marne ; Périgny-sur-Yerres ; Le Perreux-sur-Marne ; Saint-Mandé ; Saint-Maur-des-Fossés ; Santeny ; Villecresnes ; Auvers-sur-Oise ; Enghien-les-Bains ; Ezanville ; Franconville ; Montmorency ; Nesles-la-Vallée ; Le Plessis-Bouchard ; Saint-Brice-sous-Forêt et Saint Leu-la-Forêt. Consulté le 30 septembre 2023 (https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Communes%20carenc%C3%A9es%2020-22.xlsx ).

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