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Après la privatisation des trams-trains et des Transilien J, L, N, V et R, le Conseil d’Administration d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) enclenchera – ce jeudi 2 juillet – le processus de privatisation de 4 nouvelles lignes : le RER D et les Transilien H, K et U. IDFM fera le choix de mettre en concurrence l’exploitation des trains, des gares, la maintenance des trains et de leurs dépôts de ces lignes qui seront donc confiées à des entreprises privées et quitteront le giron public.

L’autorité organisatrice regroupera dans un seul et même lot le RER D (sans la partie Sud de la ligne dite « Étoile de Corbeil ») et les Transilien H et K, soit le plus important lot ferroviaire d’Ile-de-France avec 85 gares, 924 000 voyageurs et 870 trains par jour. SNCF Voyageurs perdra l’exploitation de ces lignes au profit d’une entreprise privée en décembre 2031. Le contrat de service public envisagé portera sur une durée minimale de 9 ans, pouvant être portée à 11 ans.

Le nouvel opérateur des lignes D, H et K cohabitera donc sur les mêmes voies avec 7 opérateurs régionaux différents dès décembre 2031 et à terme, avec 9 opérateurs régionaux différents lorsque les RER B et C seront à leurs tours privatisés. Cela entraînera d’importants conflits d’usage et des difficultés de régulation du trafic. Les expériences internationales démontrent également que la multiplication des acteurs ferroviaires entraine une détérioration de la sécurité.

Ce choix d’un « méga lot » D, H, K s’accompagne de la fin du RER D tel que nous le connaissons. Le découpage retenu entraînera la fin du RER D Sud. Les branches Juvisy <> Malesherbes (dite branche Vallée), Juvisy <> Melun (dite branche littoral) et la ligne S (missions du RER D entre Paris Gare de Lyon <> Malesherbes) n’appartiendront plus au RER D. En effet, l’exploitation de ces deux branches et de la ligne S a été intégrée à l’appel d’offres de la ligne R du Transilien. Deux entreprises distinctes exploiteront donc la ligne D actuelle, complexifiant un peu plus encore l’étoile de Corbeil, nœud ferroviaire sensible du sud francilien.

La privatisation et ses effets néfastes pour les usagers et les finances publiques sont aggravés en Ile-de-France par les choix d’allotissement fait par IDFM, parfois même contre l’avis du groupe SNCF. Cela ne présage rien de bon pour les usagers, ni pour la sécurité ferroviaire.

Du côté des salariés, les récents contrats de service public pour l’exploitation de lignes ferroviaires ont été attribués à la faveur d’une casse sociale sans précédent, y compris sur des appels d’offres où une filiale de droit privé du groupe SNCF était seule en lice. Témoignage supplémentaire, s’il en fallait, que la « mise en concurrence » nuit gravement au service public et à sa qualité. Faire croire qu’il serait possible de faire mieux avec moins est une impasse idéologique et un danger dans le ferroviaire. Plus que jamais et alors qu’un rapport sénatorial remet en cause l’intérêt de la concurrence sur les rails, un moratoire s’impose !

 

Céline Malaisé

Présidente de la Gauche Communiste, Écologiste, Citoyenne et Apparenté·es

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