Auditionné ce jour par le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités, Alstom a présenté un nouveau calendrier pour les MI20 du RER B : la livraison de la première rame, annoncée pour fin 2028 après plusieurs reports, est à présent reportée à septembre 2029. Le rythme de livraison des rames est également revu.
Selon le nouveau calendrier dévoilé ce jour, cinq rames MI20 seraient livrées à l’automne 2029, puis une rame par mois en 2030, deux en 2031 et trois en 2032. Si cette cadence se poursuivait ensuite sans nouveau retard, la livraison des 146 rames commandées ne s’achèverait pas avant… 2034 !
Ce nouveau report, qui concerne aussi bien la première rame que le rythme des livraisons, est vertigineux. Pour rappel, dans son programme pour l’élection à la tête de la Région, Valérie Pécresse promettait en 2015, carte à l’appui, la livraison de nouveaux trains sur le RER B en 2018. Après plusieurs années d’hésitations et de débats, la commande d’un nouveau matériel roulant spécifique au RER B a été engagée en 2021, six ans après l’élection de Valérie Pécresse.
Selon le calendrier initial, le renouvellement des MI79 et MI84 devait commencer en 2025 et les 146 rames MI20 devaient être livrées avant fin 2030. La première mise en exploitation a ensuite été annoncée pour juin 2027, puis pour fin 2028. En mai dernier, Île-de-France Mobilités promettait encore l’arrivée du MI20 fin 2028… Il n’en sera rien.
Pendant ce temps, le RER B continue de rouler avec ses MI79 et MI84, des générations de trains conçues à la fin des années 1970, dont il conservera donc les derniers exemplaires jusqu’en 2034. Usés et non climatisés, malgré les rénovations et le travail quotidien des agents de maintenance, ces trains verront leur exploitation prolongée, ce qui continuera de fragiliser une ligne malade, victime de nombreux incidents d’exploitation malgré les effets favorables des plans d’urgence engagés par les opérateurs.
Près d’un million de personnes empruntent chaque jour le RER B. La crise du matériel roulant n’est pas la seule difficulté que connaissent ces usagers. La mise en service du CDG Express, prévue le 28 mars 2027, va dégrader la régularité de la ligne. En effet, quatre trains CDG Express par heure et par sens emprunteront en partie les mêmes voies que le RER B entre Paris et Mitry-Mory.
Pire, les voies actuellement empruntées par le RER B en cas de situation dégradée ou de travaux ne seront plus disponibles, car elles seront empruntées par le CDG Express. Notre groupe demande la priorité absolue au RER B dans ces situations, une priorité qui doit être garantie par des règles écrites et publiques.
À ces incertitudes s’ajoute celle qui concerne NExTEO, le nouveau système de signalisation et de pilotage censé améliorer la performance des RER B et D. Île-de-France Mobilités annonce sa mise en service dans le tunnel Châtelet–Gare du Nord au plus tard en 2031, puis sur l’ensemble du périmètre en 2033. Le retard des MI20 impose de rendre public un calendrier cohérent pour les trains, NExTEO, les infrastructures et les ateliers : les voyageurs doivent savoir quand ces investissements amélioreront effectivement leurs trajets.
Malgré les promesses successives, force est de constater que, onze ans après son élection, Valérie Pécresse est en échec sur le RER B. Les usagers en sont les premiers pénalisés.
Céline Malaisé
Présidente de la Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne