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Le 28 mai, aux côtés des opérateurs privés de transports, Valérie Pécresse chantait son complet favori concernant la situation des transports franciliens : « Tout va très bien, Madame la Marquise… ».

Or, derrière le « rassurisme » de façade à l’approche des Jeux de Paris 2024 qui ne dupe que ceux qui ont envie d’y croire, Ile-de-France Mobilités (IDFM) et sa Présidente essuient revers sur revers.

Dernier en date : trois procédures d’appel d’offres pour la remise en jeu de délégations de service public (DSP) d’exploitation de lignes de bus de grande couronne sont… abandonnées à l’issue de la consultation des entreprises !

En effet, les appels d’offres des DSP de la communauté de communes du Val d’Essonne et des 2 vallées, de l’Etampois, du Dourdannais et de Juine et Renar ainsi que l’important bassin de Melun – Val de Seine ont été abandonnés après plusieurs mois de procédures.

Ces abandons par l’autorité organisatrice elle-même seraient justifiés par le rapport de force exercé par les exploitants actuels et candidat à leur reconduction. Ces derniers estiment que les DSP, telles que conçues par IDFM, pousseraient trop au dumping social et ne permettrait pas de générer de profits. Ils demandent donc une meilleure rémunération et un allongement sensible des durées des DSP !

D’après nos informations, IDFM va céder sur ces points et allonger significativement la durée des prochaines DSP, qui devrait passer de 4 à 5 ans actuellement à 7 ans minimum à l’avenir.

Cette évolution démontre que le modèle retenu par Valérie Pécresse pour la mise en concurrence des opérateurs de grande couronne n’est pas viable comme nous l’affirmons depuis plusieurs années. Pour rappel, en 2023, nous avions révélé un courrier des opérateurs rassemblés dans OPTILE et dénonçant l’équilibre financier des contrats. Ces derniers ont obtenu depuis des rallonges et une nouvelle, de 30 millions d’euros, devrait leur être octroyée à l’automne 2024.

Cette situation démontre que le choix de « casser les prix » et les promesses d’économies, chiffrées à 10% par Valérie Pécresse elle-même en 2021, ne sont pas au rendez-vous. Cet échec idéologique aboutit à un échec social, le dumping social ayant dégradé sensiblement les conditions salariales et de travail des conductrices et conducteurs de bus depuis 2021 et l’entrée en application des nouveaux contrats pour les DSP de grande couronne.

Ces nouveaux contrats ont d’ailleurs provoqué plusieurs dizaines de mouvements sociaux, sur une vingtaine de DSP différente en seulement 3 ans, dont 8 semaines de grève sur le bassin de Melun – Val de Seine, aujourd’hui suspendu par l’abandon des appels d’offres en cours.

De plus, le changement d’opérateurs sur plusieurs bassins a généré une très forte dégradation de la qualité de service, pendant plusieurs semaines à plusieurs mois, obligeant IDFM a mettre en demeure l’opérateur Transdev en janvier 2024 sur un bassin des Yvelines, au cœur de son ancienne circonscription électorale…

Alors que Valérie Pécresse défend avec force la mise en concurrence des opérateurs historiques, elle essuie donc revers sur revers. Cela concerne aussi la petite couronne où plusieurs marchés lancés par Ile-de-France Mobilités, pour remplacer la RATP par des exploitants privés, ont été déclarés infructueux  comme nous le révélions en mars 2024.

Parmi ces marchés, deux premiers lots lancés en mars 2022 – concernant les secteurs Nord Hauts-de-Seine, Nord Seine-Saint-Denis et centre Val d’Oise – se sont révélés infructueux, sur les 13 lots issus du découpage du réseau de bus de la RATP. Cela retarde de plusieurs mois le basculement des bus RATP du Nord des Hauts-de-Seine. Idem pour les bus RATP du Nord de la Seine-Saint-Denis et du centre du Val d’Oise : leur basculement prévu entre décembre 2025 et avril 2026 est reporté.

Le nouveau calendrier de privatisation du réseau de bus de la RATP, étalé par la loi en décembre 2023 à la demande de Valérie Pécresse, a été rendu caduc trois mois après son adoption…

Partout en Ile-de-France, favorisant le dumping social dans ses cahiers des charges, Ile-de-France Mobilités casse les conditions de travail des salarié.es qui font pourtant les conditions de transport des usagers. Le « rassurisme » de la Présidente de Région n’y change rien : les faits sont là !

Plus que jamais, nous demandons au législateur et à Valérie Pécresse de stopper cette galère qui précipite les transports publics franciliens dans un chaos social, organisationnel et financier. Nous demandons que les cahiers des charges des DSP de grande couronne soit revu afin d’empêcher tout dumping social. Nous renouvelons notre demande d’un moratoire sur la privatisation du réseau de bus RATP dans l’attente des élections régionales de 2028 afin que les citoyen.nes s’expriment pour la première fois sur ce sujet majeur.

 

Céline Malaisé

Présidente de la Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne

 

 

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