La mobilisation lycéenne met en évidence l’état réel de nombreux lycées publics franciliens. Cette réalité crue entre en contradiction avec la communication « bisounours » de Valérie Pécresse à propos des lycées. Travaux inachevés, retardés ou abandonnés… derrière ces difficultés se cache souvent la même explication : la Région Île-de-France ne paye pas les entreprises dans les délais. Quitte à multiplier les arrêts de chantier, les impayés, les majorations, les procédures judiciaires et les protocoles transactionnels avec les entreprises lésées.
En effet, la Région Île-de-France – présidée par Valérie Pécresse depuis 11 ans – est récemment devenue officiellement la plus mauvaise payeuse de factures de toutes les régions métropolitaines, selon une récente analyse publiée par le CESER Île-de-France. En effet, le délai moyen de paiement des fournisseurs de la Région atteignait 85 jours en 2023, 78 jours en 2024 et encore 71 jours en 2025. Pour rappel, le délai réglementaire fixé par la loi est de 30 jours. Ce retard de paiement très important ne peut pas être attribué au comptable public, dont le délai moyen de paiement est resté stable en 2023 et 2024 autour de 10 jours.
Pour les entreprises prestataires de Région, qui passe environ 600 marchés publics par an, ces retards ont des conséquences très concrètes : découverts bancaires, intérêts à payer, investissements reportés, salaires plus difficiles à verser et parfois des emplois menacés avec des procédures de redressement judiciaire voire des faillites. Ainsi, il y a quelques semaines, nous alertions l’exécutif régional sur la situation d’une PME francilienne, qui a réalisé des travaux dans des lycées, placée sous redressement judiciaire suite aux retards de paiement de la Région !
L’exécutif régional ne peut pas prétendre soutenir les entreprises franciliennes tout en faisant reposer sa désorganisation financière sur leur trésorerie. Les TPE et PME n’ont pas à payer les conséquences de 8 réorganisations des services régionaux en 10 ans et des suppressions de postes qui expliquent la situation actuelle. Alors que la droite régionale s’affiche « pro-business » et que la commande publique régionale, à destination très majoritairement de PME-TPE implantées en Île-de-France, est source d’emplois non délocalisables, les raisons de ces retards de paiements nombreux sont incompréhensibles.
En mars 2024, notre groupe révélait qu’environ 3 000 factures étaient en souffrance dans les services régionaux du pôle lycées. Pour tenter d’y remédier, la droite régionale a fait appel au cabinet de conseils Ernst and Young, en vain. À plusieurs reprises depuis, notre groupe a demandé à Valérie Pécresse le nombre et le montant des factures dépassant le délai réglementaire. Dans ses réponses, la présidente de Région ne fournit toujours pas les chiffres demandés.
Cette incapacité à respecter les délais de paiement légaux coûte également aux Franciliens : environ 6,1 millions d’euros d’intérêts moratoires versés entre 2019 et 2025, dont 1,43 million pour la seule année 2025. À cette somme s’ajoute le coût des cabinets de conseils mobilisés pour traiter les factures en souffrance, sans succès.
Face à cette situation exceptionnelle, notre groupe s’est adressé par courrier à près d’un millier d’entreprises titulaires d’un marché public de plus de 10 000 euros avec la Région Île-de-France afin d’évaluer la gravité de la situation, cachée par l’exécutif régional.
Pour préserver l’emploi francilien, pour la réalisation des travaux indispensables dans les lycées, pour les finances régionales, il est urgent que la droite régionale corrige la situation qu’elle a installée.
Céline Malaisé
Présidente de la Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne